Il y a deux points principaux. Tout d'abord, cette élection a des accents nationaux. Elle se pose comme un test électoral, après l'élection de Sarkozy. Il faut faire apparaître le potentiel de résistance à gauche.
Il y a aussi l'aspect local. Là, ce qui nous intéresse, c'est la question des services publics. Notamment en ce qui concerne la re-municipalisation de l'eau. Une municipalité doit pouvoir gérer un service public ! Il y a aussi la question des crèches, du logement et de la sécurité. Le PS a proposé de développer la vidéo-surveillance. Evidemment, on est contres. Au fur et à mesure, on se rend compte qu'il y a une diminution des travailleurs sociaux et les correspondants de nuit n'ont plus aucune fonction. Ils sont mal payés, ils sont considérés comme des balances...
Parlons un peu des alliances. Qu'est-ce qui vous motive à vous allier à Emgann ?
La démarche d'une liste ouverte est initiée par la LCR. On leur a donné la trame de notre projet. Ceux qui ont répondu en étant d'accord avec ça, c'est Emgann. Nous avons une liste basée sur la lutte, le militantisme.
C'est donc que vous êtes sensibles à l'indépendantisme breton ?
Sur cette question là, il y a eu des débats, il y a quelques années. On a toujours reconnu que les peuples ont droit à l'auto-détermination. On le réclame pour les Kanakhs, les Martiniquais et les Guadeloupéens.
Pourquoi Emgann et pas les Verts ?
C'est au niveau des rapports avec le Parti Socialiste. Mais c'est très courageux ce qu'ils font. Ils font des bons constats mais ils ne vont pas jusqu'au bout de leurs démarches.
Quelles seront les différences fondamentales entre votre liste et celle présentée par Carine Weber, du nouveau parti ouvrier ?
Moi, je ne sais pas ce que fait le Parti des Travailleurs au niveau local. On n'a pas de relations avec eux, on n'est pas sur la même ligne. D'un point de vue national, eux, ils veulent sortir de l'Europe. Nous, ce qu'on veut, c'est la construite autrement.
Votre liste pourrait s'appeler « Rennes, à gauche ». On serait tenté de vous dire que c'était déjà le cas...
Oui, mais c'est facile de s'auto-proclamer de gauche. Pendant la campagne présidentielle, le PS n'a pas affiché des principes de gauche. Aujourd'hui, il y a au moins deux gauches.
Du côté d'Emgann il s'est dit que la liste devait être ouverte. Mais à qui ?
Cette liste sera ouverte aux militants associatifs, syndicaux. A des individus qui ont envie de s'investir. Des gens qui ont des revendications féministes, écologistes, internationalistes.
Pour finir, est-ce que vous pouvez un peu présenter qui vous êtes dans le privé ?
J'ai 34 ans, je suis secrétaire administrative à l'IUFM de bretagne. J'ai été six ans précaire après une maîtrise d'histoire. Je suis fille d'agriculteurs et je suis célibataire.