Eklablog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

ordures de pere noel

manif de pères  noel décroissant (sans beurre)

et pendant les fêtes...

La hausse tendancielle du taux d'exploitation

1

Michel Husson

2, à paraître dans Inprecor, janvier 2008

La caractéristique principale du capitalisme mondialisé depuis le début des années 1980 est la

baisse de la part salariale, autrement dit de la part du Pib (Produit intérieur brut) qui revient aux

salariés. Une telle tendance équivaut, en termes marxistes, à une élévation du taux

d'exploitation. Il s'agit là d'un résultat solidement établi sur des données statistiques

incontestables et qui s'applique à la majorité des pays, au Nord comme au Sud.

Un constat statistique irréfutable

Les données établies par des organismes officiels font apparaître un mouvement d'ensemble qui

concerne l'ensemble des pays avancés, l'Union européenne et la France. Contrairement aux

polémiques qu'il suscite (voir encadré 1), c'est un fait établi, aussi bien pour le FMI que la

Commission européenne. Un document récent de la Banque des Règlements Internationaux

(Ellis Smith 2007) confirme que la hausse tendancielle de la part du profit (
The global upwardtrend in the profit share) est un phénomène d'ordre structurel qui ne peut être réduit à des

fluctuations conjoncturelles. Dans tous les cas, la chronologie est semblable : la part salariale est

à peu près stable jusqu'à la crise du milieu des années 1970 qui la fait brusquement augmenter.

Le retournement de tendance intervient dans la première moitié des années 1980 : la part

salariale se met à baisser, puis tend à se stabiliser à un niveau historiquement très bas.

Le cas français ne fait pas exception comme le montre le tableau 1 suivant. Selon les dernières

séries de l'Insee, la part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises est de 65,8 % en 2006

contre 74,2 % en 1982, soit un recul de 8,4 points. Selon la Commission européenne, la part des

salaires dans l'ensemble de l'économie est passée de 66,5 % en 1982 à 57,2 % en 2006, soit une

baisse de 9,3 points. Ce recul est analogue à celui que l'on peut observer pour l'ensemble de

l'Union européenne (8,6 points). En revanche la baisse semble moins importante en ce qui

concerne le G7, cette différence provenant pour l'essentiel des Etats-Unis. Enfin, la même

tendance se retrouve dans des pays en développement comme la Chine, le Mexique ou la

Thaïlande (tableau 1).

1

Cet article est le premier chapitre du livre Un pur capitalisme à paraître en 2008 aux Editions Page Deux.

2

http://hussonet.free.fr

2

Graphique 1

La part salariale : France, Europe, G7

Sources : Insee (2006), Commission européenne (2007), FMI (2007)

Encadré 1

Controverses statistiques

Ce constat fait l'objet de débats et de controverses, notamment en France. La tendance est

contestée au nom d'arguties statistiques qu'il convient d'examiner rapidement. La mesure de la

part salariale pose en effet deux principaux problèmes qui se recoupent en partie. Il faut d'abord

choisir un champ, qui peut être l'ensemble de l'économie ou se limiter aux seules entreprises

non financières, auxquelles on ajoutera ou non les sociétés individuelles non financières. Il faut

ensuite prendre en compte le taux de salarisation, autrement dit la proportion de salariés dans

l'emploi total. Si au cours du temps les travailleurs indépendants sont remplacés par des salariés

- comme c'est le cas dans la plupart des pays - la part des salaires dans le revenu national va

monter sans que cela corresponde à une amélioration de leur situation relative. Pour rendre les

comparaisons possibles dans le temps et entre pays, les statistiques européennes calculent une

part salariale ajustée, en attribuant aux non salariés un salaire égal au salaire moyen. Cela

revient à comparer le salaire moyen au Pib par personne employée.

Les indicateurs pertinents sont donc la part salariale dans la valeur ajoutée des entreprises non

financières et la part salariale ajustée pour l'ensemble de l'économie. En effet, la part des

salaires calculée sur le champ des entreprises non financières est celui pour lesquels les concepts

de masse salariale et de valeur ajoutée sont définis de la manière la plus propre : on n'a pas de

problèmes avec les entrepreneurs individuels et les non salariés, ni avec la définition

conventionnelle de la valeur ajoutée dans les secteurs des assurances, des banques et des

administrations (Etat, sécurité sociale, collectivités locales). La part salariale ajustée a l'avantage

de traiter le problème des non salariés et de permettre des comparaisons internationales à peu

près fiables.

 

Le cas des Etats-Unis

Les principales exceptions à cette tendance sont les Etats-Unis et le Royaume-Uni, où la part

salariale reste grosso modo constante à long terme. Ce constat va apparemment à l'encontre des

représentations faisant de ces deux pays les champions des politiques néo-libérales. Ainsi la

progression du salaire moyen au Royaume-Uni est plus élevée qu'en Europe ou qu'en France.

Mais c'est l'exemple des Etats-Unis qui permet de tirer les choses au clair. Le maintien de la

part salariale dans ce pays constitue un véritable paradoxe, dans la mesure où le pouvoir d'achat

de la majorité de la population n'a pas progressé, en tout cas beaucoup moins que la productivité

du travail. Dans ces conditions, la part salariale devrait baisser plus vite que le recul de 3,5

points observé entre 1980 et 2005.

Le mystère a été éclairci par deux économistes, Ian Dew-Becker et Robert Gordon, qui se sont

demandés « où allait la productivité ». Leur réponse est simple : les gains de productivité ont été

en grande partie captés par une mince couche de bénéficiaires de très hauts salaires, tellement

élevés qu'ils devraient être considérés comme une captation de profit, même s'ils conservent

formellement la nature d'un salaire. On laisse donc de côté ici les revenus du capital, comme les

fameuses stock options. Ce phénomène pourrait être considéré comme marginal mais il atteint

en fait des proportions considérables. Ainsi la part du revenu national allant au 1 % des salariés

les mieux payés est passée de 4,4 % à 8 % entre 1980 et 2005, soit une captation de 3,6 points de

Pib qui s'élève à 5,3 points si on considère les 5 % des salariés les mieux payés. Si on défalque

ces très hauts salaires, on obtient une évolution comparable à ceux de l'Union européenne

(graphique 2).

4

Graphique 2

La part salariale aux Etats-Unis 1960-2005

Source : Dew-Becker Robert Gordon (2005)

Les raisons du retournement

Le retournement est en grande partie un mystère pour les libéraux. Dans une interview au

Financial Times (Guha 2007), Alan Greenspan, l'ancien président de la Fed (la Banque centrale

des Etats-Unis) observe lui aussi cette « caractéristique très étrange » du capitalisme

contemporain : « la part des salaires dans le revenu national aux Etats-Unis et dans d'autres

pays développés atteint un niveau exceptionnellement bas selon les normes historiques ». Or, à

long terme, « le salaire réel tend à évoluer parallèlement à la productivité réelle ». C'est ce

qu'on a pu observer « durant des générations, mais ce n'est plus le cas aujourd'hui ». Le salaire

réel s'est mis à « diverger », pour des raisons qui ne sont pas claires aux yeux de Greenspan, qui

« s'attendait et s'attend toujours » à une normalisation de la répartition entre salaires et profits

tout en redoutant « une perte de soutien politique aux marchés libre si le salaire du travailleur

américain moyen ne se mettait pas dans de brefs délais à augmenter plus vite ».

Une abondante littérature cherche pourtant à rendre compte de cette tendance à la baisse de la

part salariale. De nombreuses explications sont mobilisées : prix de l'énergie, taux d'intérêt,

intensification du capital. Mais ces explications ne tiennent pas :

- la hausse des prix de l'énergie n'a pas frappé tous les pays de la même manière et le contrechoc

pétrolier de 1986 n'a pas inversé la courbe ;

- le retournement à la baisse de la part salariale a coïncidé avec l'explosion des taux d'intérêt qui

ont effectivement pesé sur las salaires, mais ce facteur ne peut rendre compte de l'évolution à

long terme, et cet effet aurait dû cesser quand les taux d'intérêt ont commencé à baisser ;

- la baisse de la part salariale ne peut pas non plus être expliquée par un recours plus intense au

capital par rapport au travail parce que le taux d'investissement n'a pas augmenté et qu'une

fraction croissante des profits vont aux revenus financiers.

5

Ces explications ont en commun de chercher une cause d'ordre strictement économique à un

phénomène éminemment social. La courbe générale de la part salariale s'explique beaucoup plus

simplement par le rapport de forces entre classes sociales. Il était relativement équilibré durant

l'« Age d'or » qui va de la fin de la Seconde Guerre Mondiale à la crise du milieu des années

1970 qui a brutalement remis en cause cet équilibre.

Dans un premier temps, la crise a conduit à une augmentation de la part salariale parce que la

progression des salaires continuait sur sa lancée, alors que la productivité du travail baissait

brusquement. Les politiques classiques de relance ne fonctionnant plus, les classes dirigeantes

ont alors décidé de changer leur fusil d'épaule, d'abandonner les politiques « keynésiennes » et

d'adopter une orientation résolument libérale. Tous les leviers ont été utilisés, notamment le

choc de la hausse des taux d'intérêt et la mondialisation, mais l'outil essentiel a été la montée du

chômage que la crise avait provoquée. Les dirigeants capitalistes ont pris appui sur ce

phénomène pour modifier profondément et brutalement les règles de formation des salaires.

D'une norme salariale où le salaire augmentait comme la productivité, de telle sorte que la part

salariale demeurait à peu près constante, on passe à un nouveau régime où le salaire croît à un

rythme inférieur à la progression de la productivité, elle-même ralentie par rapport à celle des

années de croissance. Dans ces conditions, les gains de productivité ne reviennent plus aux

salariés dont le pouvoir d'achat bloqué, mais aux profits ; et la baisse de la part salariale est

enclenchée. Une modélisation économétrique simple permet d'étayer cette interprétation (voir

annexes 1 et 2). Elle montre que la montée du taux de chômage joue un rôle essentiel et que la

théorie dominante du taux de chômage d'équilibre ne fait que modéliser implicitement ce lien

entre le chômage et la répartition des revenus.

Chômage et financiarisation

La baisse de la part salariale a conduit à un rétablissement spectaculaire du taux de profit moyen

à partir du milieu des années 1980. Mais dans le même temps, le taux d'accumulation a continué

à fluctuer à un niveau inférieur à celui d'avant-crise (graphique 3). Autrement dit, la ponction

sur les salaires n'a pas été utilisée pour investir plus. Le fameux théorème de Schmidt (« les

profits d'aujourd'hui sont les investissements de demain et les emplois d'après-demain) n'a pas

fonctionné.

Le profit non investi a été principalement distribué sous forme de profits financiers. L'écart entre

le taux de profit dégagé par les entreprises et la part de ces profits allant à l'investissement est

donc un bon indicateur du taux de financiarisation. On peut alors vérifier que la montée du

chômage et la financiarisation vont de pair (graphique 4). Là encore, la raison est simple : la

finance a réussi à capter la majeure partie des gains de productivités au détriment des salaires

dont la part a reculé.

6

Graphique 3

Croissance, accumulation et profit dans la Triade, 1961-2006

Taux de profit base 100 en 2000

Sources : Commission européenne (2007), Groningen Growth and Development Centre

Graphique 4

Financiarisation et chômage dans l'Union européenne 1961-2007

1

Taux de chômage Taux de financiarisation

Le taux de financiarisation mesure la part du profit non investi en % du Pib, comme la différence entre le taux de

marge des entreprises et le taux d'investissement.

Source : Commission européenne (2007)

La corrélation observée entre chômage et financiarisation ne peut cependant légitimer la lecture

« financiariste » du capitalisme contemporain. Certes, les rapports entre capital industriel et

capital financier se sont profondément modifiés et pèsent sur les conditions de l'exploitation.

Mais il faut articuler correctement l'analyse des phénomènes : on ne peut séparer une tendance

autonome à la financiarisation et le fonctionnement normal du « bon » capitalisme industriel.

Cela reviendrait à dissocier artificiellement le rôle de la finance et celui de la lutte de classes

pour la partage de la valeur ajoutée. A partir du moment où le taux de profit augmente grâce au

recul salarial sans reproduire des occasions d'accumulation rentable, la finance se met à jouer un

rôle fonctionnel dans la reproduction en procurant des débouches alternatifs à la demande

salariale.

Ce point de vue que nous défendons depuis longtemps (Husson 1997, 2006) se renforce avec la

prise en compte de la mondialisation. De ce point de vue, la fonction principale de la finance est

d'abolir, autant que faire se peut, les délimitations des espaces de valorisation : elle contribue en

ce sens à la constitution d'un marché mondial. La grande force du capital financier est en effet

d'ignorer les frontières géographiques ou sectorielles, parce qu'il s'est donné les moyens de

passer très rapidement d'une zone économique à l'autre, d'un secteur à l'autre : les mouvements

de capitaux peuvent désormais se déployer à une échelle considérablement élargie. La fonction

de la finance est ici de durcir les lois de la concurrence en fluidifiant les déplacements du capital.

En paraphrasant ce que Marx dit du travail, on pourrait avancer que la finance mondialisée est le

processus d'abstraction concrète qui soumet chaque capital individuel à une loi de la valeur dont

le champ d'application s'élargit sans cesse. La caractéristique principale du capitalisme

contemporain ne réside donc pas dans l'opposition entre un capital financier et un capital

industriel, mais dans l'hyper-concurrence entre capitaux à laquelle conduit la financiarisation.

8

Annexe 1

Econométrie de la répartition

La modélisation retenue ici postule que le degré d'indexation du salaire à la productivité dépend

du taux de chômage. La progression du salaire dépend ainsi de celle de la productivité mais ce

lien est relâché quand le taux de chômage augmente. Comme la part salariale dépend elle-même

de l'évolution relative du salaire et de la productivité, cette modulation permet de mesurer de

manière indirecte l'influence sur la part salariale du rapport de forces sur le marché du travail.

L'estimation obtenue sur l'ensemble de l'Union européenne est de bonne qualité et permet de

rendre compte de l'inflexion à la baisse de la croissance du salaire réel.

Le modèle s'écrit : sal = (a + b.tcho).prod + c

avec :

sal taux de croissance du salaire réel

prod taux de croissance de la productivité

tcho taux de chômage

L'estimation sur l'ensemble de l'Union européenne pour la période 1961-2006 conduit à

l'estimation suivante :

sal = (1,156 – 0,159 tcho).prod + 1,371

(12,0) (6,8) (4,4)

Annexe 2

Chômage d'équilibre et répartition

L'économie dominante utilise le lien négatif entre chômage et salaire réel pour déterminer un

« taux de chômage d'équilibre », baptisé Nairu (
Non Accelerating Inflation Rate ofUnemployment). C'est le taux de chômage en deçà duquel l'inflation accélère. Il est obtenu en combinant les équations de salaire et de prix d'un modèle macro-économétrique standard.

L'équation de salaire dit que la croissance du salaire nominal (w) dépend de trois éléments :

- une indexation, ici unitaire, à la hausse du prix (p) ;

- une croissance autonome (a) du pouvoir d'achat ;

- une sensibilité au taux de chômage (U) qui joue négativement sur la croissance du salaire.

Cette équation de salaire s'écrit donc :

(1) w = p + a – bU

L'équation de prix décrit la formation du prix, obtenu en appliquant un taux de marge au coût

salarial unitaire (le salaire par unité produite). Son évolution dépend de trois facteurs :

- la croissance du salaire nominal (w) ;

- la croissance de la productivité (
h) ;

- l'évolution (et non le niveau) du taux de marge (m).

L'équation de prix s'écrit donc :

(2) p = w -
h + m

Ces deux équations constituent la « boucle prix-salaires » que les théoriciens libéraux

s'autorisent à combiner en éliminant les prix. Le fameux Nairu (U*) se déduit de cet exercice et

se calcule de la manière suivante :

(3) U* = (m + a -
h)/b

Le raisonnement est alors le suivant : si le taux de chômage baisse trop (en dessous du Nairu), le

salaire réel tend à augmenter plus vite que la productivité et les entreprises sont « obligées »

d'augmenter leurs prix pour rétablir le taux de marge. Elles vont le faire jusqu'à ce que ce

supplément d'inflation ait réussi à baisser la progression de l'emploi, autrement dit à fabriquer

un supplément de chômage, qui ramène le taux de chômage au niveau du Nairu. Ce dernier

représente donc bien un « taux d'équilibre », en ce sens qu'il est vain de vouloir descendre en

dessous de la force de rappel qu'il représente.

Mais ce raisonnement suppose implicitement que le taux de marge est constant, sinon une

augmentation de salaire ne conduirait pas automatiquement à une augmentation des prix et se

traduirait par une baisse du taux de marge. Autrement dit la théorie du chômage d'équilibre est

aussi une théorie du taux de marge d'équilibre. Le Nairu représente aussi le « taux de chômage

n'augmentant pas la part salariale », celui en dessous duquel la répartition des revenus risque

d'être remise en cause par la progression des salaires. On pourrait tout aussi bien parler d'une

théorie du « taux d'exploitation d'équilibre », d'autant plus élevé que le taux de chômage et les

gains de productivité sont élevés, à condition que ces derniers ne se répercutent pas pleinement

sur les salaires.

10

Références

3
Commission européenne (2007), AMECO Database (Annual macro-economic database), 21

May.

Dew-Becker I., Gordon R.J. (2005),
Where did the Productivity Growth Go? Inflation Dynamicsand the Distribution of Income, Washington DC, September.

Ellis L., Smith K. (2007), « The global upward trend in the profit share », BIS Working Papers

n°231.

FMI (2007),
World Economic Outlook, April.

Guha K. (2007), « A global outlook » (interview Greenspan),

Financial Times, September 16.Hsieh C.-T., Qian Y. (2006), « The Return to Capital in China », Brookings Papers on Economic

Activity

, September.Husson M. (1997), « Contre le fétichisme de la finance », Critique communiste n°149.

Husson M. (2006), « Finance, hyper-concurrence et reproduction du capital »

in de Brunhoff S.,Chesnais F., Duménil G., Lévy D., Husson M., La finance capitaliste PUF/Actuel Marx.Insee (2006), Comptes de la Nation.

Jetin, B. (2008), « Ten years after the crisis: A bright future for capitalism in Thailand ? » in

C.P. Chandrasekhar (editor):
In A Decade After: Recovery and Adjustment since the East Asian

Crisis

, Zed books, London, forthcoming.

3

Les sources électroniques disponibles se trouvent à cette adresse : http://hussonet.free.fr/capur.htm
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article