Il n'y aura pas grand monde à pleurer feu le dictateur de Bagdad. Personne à oublié qu'il a étouffé la démocratie dans son pays, persécuté des milliers d'opposants politiques ou religieux, qu'il a envoyé à la boucherie des milliers de combattants de la guerre contre l'Iran et fait couler beaucoup de sang et de larmes.
Il ne faudra pas compter sur nous qui souffrons rarement d'amnésie, pour pleurer feu le dictateur de Bagdad. Nous n'avons pas oublié qu'il a étouffé la démocratie dans son pays, persécuté des milliers d'opposants politiques ou religieux, qu'il a envoyé à la boucherie des milliers de combattants de la guerre contre l'Iran et fait couler beaucoup de sang et de larmes. Mais nous n'avons pas oublié non plus qu'en 1988, alors qu'il gazait des milliers de Kurdes, Saddam Hussein était l'ami des tous les dirigeants des grandes puissances occidentales et que nous n'étions alors qu'une poignée à défiler dans les rues des grandes villes de France, pour pousser un cri de solidarité avec le peuple Kurde. Saddam Hussein n'a pas été pendu pour ses crimes. Il l'a été pour l'exemple, parce que Bush et ses amis veulent montrer ce qui arrive quand on a l'outrecuidance de défier les seigneurs du monde. Mais quand bien même la sentence serait véritablement venue solder ses forfaits, nous ne l'aurions pas pour autant approuvée. Car nous restons d'irréductibles ennemis de la peine de mort. Où que ce soit et contre qui que ce soit, nous n'accepterons jamais que l'on réponde à la barbarie par la barbarie.