Communiqué SUD Rail suite aux propos des présidents de la république et de
la Sncf
Quand on est président de la SNCF ou président de la république,
on a le droit de colporter des mensonges auprès des média ?
Les cheminots
ne sont pas payés lorsqu'ils font grève. Les cheminots ont une retenue de
salaire d'une heure lorsqu'ils font grève 59 minutes. Les cheminots ont une
retenue de salaire d'une journée, lorsqu'ils font grève une journée. Les
cheminots ont une retenue de salaire de 8 jours lorsqu'ils font grève 8
jours.
Quand on est président de la SNCF ou président de la république,
on est là pour restreindre la démocratie ?
Le 2 août 2007, les
parlementaires ont restreint le droit de grève dans les entreprises de
transport. Ainsi le délai de préavis auparavant de 5 jours a été porté à 15
jours. Mais ça ne résout rien lorsque les patrons refusent de négocier : à Paris
Saint Lazare, c'est dès novembre que SUD-Rail avait préavisé du conflit qui
s'est terminé le 14 janvier ! Mais avant la grève, la direction n'a discuté de
rien, et durant les 30 premiers jours de grève, elle a refusé de négocier avec
les grévistes. Aujourd'hui Sarkozy et Pépy s'en prennent à ceux qui leur ont
donné tort en montrant que la lutte collective permet de gagner : ils veulent
restreindre encore plus le droit de grève ! Ainsi, pour une heure de grève, la
journée complète serait retirée sur le salaire ! Cela s'appelle du
vol.
Quand on est président de la SNCF ou président de la république, on
est obligé d'être hypocrite avec les usagers ?
Qui peut croire que ceux
qui organisent chaque jour la casse du service public se soucient des usagers ?
Les grèves sont une gêne importante pour les usagers. C'est vrai, car nous avons
un travail utile, comme des millions de salariés. Mais les usagers de la SNCF
sont victimes des trains en retard, supprimés, bondés, sales, chaque jour.
Améliorer le sort des usagers, ce serait donner des moyens financiers et en
effectifs au service public. Pourquoi ceux qui nous dirigent et versent, le
temps d'une apparition au journal télévisé, des larmes de crocodiles sur les
usagers, sanctionnent-ils les cheminots lorsqu'ils pratiquent cette autre forme
d'action collective qu'est la grève de gratuité ? La Fédération des Usagers des
Transports et des Services Publics (FUTSP) et la fédération SUD-Rail ont
plusieurs fois demandé qu'on cesse de qualifier « d'illégal » ce type de
mouvements. En vain...
Quand on est président de la SNCF ou président de la
république... on pratique tout simplement la lutte des classes.
Nous vivons
dans un système où les intérêts du plus grand nombre, celles et ceux qui
travaillent (ou le voudraient mais en sont privés par le chômage), sont opposés
à ceux d'une infime minorité qui concentre entre ses mains profits financiers,
pouvoirs économique et politique. Le gouvernement et ses serviteurs défendent
les intérêts des plus riches.
De tout temps, le patronat a cherché à limiter les
droits des salariés dans l'entreprise. Pour la grève, comme pour bien des
conquêtes sociales de la classe ouvrière, c'est la pratique, l'action collective
qui ont imposé le droit ; le droit de grève n'est pas un cadeau des patrons et
des gouvernements : c'est un acquis arraché par celles et ceux qui ont fait des
grèves ... lorsque ce n'était pas légal de le faire ! C'est par la grève que nos
droits sociaux fondamentaux furent obtenus, et conservés malgré de multiples
remises en cause : sans grève, pas de retraite, pas de réduction du temps de
travail, pas de congés payés, pas de SMIC, pas de protection sociale... Il est
donc logique que les patrons et leurs soutiens s'attaquent au droit de grève :
plus les conditions légales pour faire grève sont compliquées, plus cela rend
difficile la défense des salariés ... et c'est cela qu'ils souhaitent
!
Quand on est président de la SNCF ou président de la république ... on
trouve en face de soi des syndicalistes qui font juste ... du syndicalisme
!
Gouvernements et patrons ont réussi à acheter la complicité d'une
partie du mouvement syndical, mais il reste de très nombreux syndicalistes qui
se contentent de faire du syndicalisme, donc d'avoir recours parfois par la
grève (et pas seulement à SUD-Rail et à Solidaires, bien sûr !). La haine des
présidents contre ces syndicalistes est pitoyable !
SUD Rail, 15 janvier
2009