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Situation bloquée à St.Brieuc...

Situation bloquée à St.Brieuc...

 

Un lundi interminable pour Sam Burlot. « On attend le coup de fil socialiste. » La veille, la tête de liste « Saint-Brieuc à gauche toute » et la LCR avaient « tranquillement » arrosé la « victoire ». 8,52 % des suffrages. De quoi se hisser en troisième position derrière le maire Bruno Joncour et la socialiste Danielle Bousquet.

10 h 45. Le portable de Sam Burlot sonne. A l'autre bout du fil, Danielle Bousquet lui paraît « tendue ». Elle demande à le voir, en tête à tête. Le PS dit « avoir pris la mesure de la place que la LCR doit avoir dans la vie municipale à venir ». 15 h 30. A la permanence de la candidate, Sam Burlot se met à la table des négociations. Face à lui, la candidate en tenue noire. Le conseiller général Michel Brémont et le conseiller régional Didier Le Buhan sont présents. Depuis la veille, le camarade de Besancenot se sent en position de force. Pour faire basculer la ville à gauche, militants et sympathisants de la Ligue savent leur importance. Ils réclament « une fusion technique entre les deux listes ». C'est-à-dire ? La possibilité de placer cinq personnes sur la liste de Danielle Bousquet. Avec la volonté de créer un groupe indépendant au conseil municipal.

Ce n'est pas ce que la députée sort de sa besace, loin de là. Ses propositions pour obtenir le soutien affiché de la LCR : une tribune politique régulière dans Le Griffon, un espace sur le site internet de la ville et une présence dans diverses commissions (Cabri, Opac...). Et pas autre chose. « Une fusion technique ne veut rien dire, estime l'entourage de la candidate. Les gens ne comprendraient pas qu'il y ait, sans accord politique, un groupe de cinq personnes de la LCR dans notre liste. » Une telle fusion pourrait ramener au spectre de 2001 quand, divisée, la gauche avait fini par perdre la mairie. Bilan. Sam Burlot repart « écoeuré ». « Ça s'est très mal passé. C'est la soupe à la grimace. Nos électeurs vont s'abstenir... »

« Appel à faire barrage »

18 h 15 au Piccadilly, rue de la Gare. Samuel Burlot a la voix cassée, le téléphone toujours en charge. Il vient de résumer à quinze colistiers l'entretien qu'il a eu dans l'après-midi. Ils se disent « déçus », et « déplorent » l'attitude de Madame Bousquet. « Elle nous a demandé de prendre notre pelle et nos seaux et d'aller jouer », s'emporte un militant. « Nous et les 1 600 personnes qui ont voté pour nous, précise Katell. C'est irrespectueux ! Hallucinant ! Elle fait une erreur politique et humaine. »

Mais le coeur balance. Sam Burlot veut quand même appeler ses électeurs « à faire barrage à la droite incarnée par Bruno Joncour ». Autrement dit, « votez Bousquet » ? « Il y aura des votes « blanc », promet une colistière. « Les voix de nos électeurs ne nous appartiennent pas », affirme Burlot.

18 h 40, driiiiing, driiiiing, c'est la candidate Bousquet. Un journaliste est présent. « Nous, on joue la transparence avec la presse », lui indique-t-il au téléphone. Elle lui demande de venir illico. Quatre « LCR » partent « parler sérieusement de politique ». Ils seront quatre en face. Rendez-vous, le deuxième de la journée, à la salle Robien.

20 h 30. Alors ? Sam Burlot : « Elle a opposé une fin de non-recevoir à la fusion non pas politique mais technique que nous lui avons proposée. Nous avons pris nos responsabilités, elle a pris les siennes. On l'a toujours dit, on ne change pas. On appellera à faire barrage... ».


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