Quelques éléments de bilans à chaud ...De cette journée , on retiendra son caractère exceptionnel; non pas tellement par le nombre de grévistes (encore que par exempler les chiffres de l'éducation nationale sont élevés), mais surtout par le nombre de manifestants tant à Rennes qu'à St Malo (2000) Fougères( 1000) et Redon (2000 ?) Meme Vitré = 600. A Rennes, même les RG ont eu du mal à donner un chiffre, celui de 50 000 (35000 dit la CGT) pour un défilé de 2 heures ne me semble pas exagéré, en tout cas au top des manifs ( au niveau de la plus grosse de 1995 contre le plan Juppé et de celle entre les 2 tours des présidentielles contre Le Pen).
En plus du caractère massif les autres principales caractéristiques me paraissent être :
· Le retour important du privé dans la rue, avec l'automobile, la grande distribution, les télécoms...
· Le retour massif de la CFDT dans la rue ( défilé de 40 minutes au bas de la Mairie)
· Le retour de cortèges unitaires significatifs comme la santé, les entreprises de Rennes Atalante, La Poste avec des rassemblements préalables et pas mal de cortège mêlé ( citoyen) ...
· Le leadership numérique de la CGT dans la rue qui se confirme.
· Tous les autres cortèges syndicaux étaient assez minimes, notamment celui de Solidaires (présence dans les cortèges unitaires).
· Les cortèges politiques (avec pôle fixes)étaient réels -Le Ps n'a pas été jusqu'au bout de la manifs, seul le NPA l'a fait avec dynamisme) avec des tracts de LO AL CNT FA NPA ...
Plus anecdotique mais quand même : le caractère foutoir, dû notamment à une mauvaise anticipation des directions des UD (la sécurité des manifestants n'était pas assurée). Soulignons l'imagination des pancartes avec une dominante anti Sarko forte.
Plusieurs AG se sont déroulées l'après midi, avec les enseignants de la FSU, avec les étudiants de Rennes2 et les enseignants...pour débattre de la suite du mouvement. La réunion publique à l'appel des syndicalistes unitaires (une centaine de personnes avec une dominante Solidaires, très peu de CGT et de FSU) ne peut être un point de levier suffisant pour développer la nécessaire unité.
Une première leçon pour les déclinologues : la colère forte de la population avec qui il faudra compter;
Rappel du contexte
Deux caractéristiques ont marqué cette mobilisation : son côté inédit avec un appel national des 8 syndicats( confédérations et fédération), sur une plate-forme qui restait certes bien floue sur les revendications, mais couvrait cependant le champ du refus de la politique de Sarko et de son gouvernement. Mais on a bien considéré que le caractère tardif de l'appel à cette mobilisation, dû principalement à la direction de Cfdt, avait aussi comme fonction de limiter les possibilités de reconduction du mouvement. Ceci dit, la puissance de cette expression populaire, même si elle n'a pas bloqué la vie économique du pays, aura du mal a rentrer dans le lit tranquille de la vie syndicale.
La rencontre unitaire prévue avec les 8 syndicats, risque de pas être à la hauteur de la colère et des exigences revendicatives exprimées. L'absence d'une plate-forme unifiée principalement sur la défense des salaires avec un chiffrage ( 1500 le smic et 300 d'augmentation) et sur le refus des licenciements (pas de licenciement dans les entreprises qui font de profits, transparence des comptes ...), cela pèsera sans aucun doute sur les capacités à construire une suite "tous ensemble pour gagner". L'heure de la grève générale n'a donc pas sonné. Mais ...
Que faire maintenant ?
S'appuyer sur le succès incontestable, comme point de départ que devrait constituer ce 29 janvier " La peur a changé de camp "...
Construisons un mouvement unitaire de longue haleine, cela doit être notre objectif. Suscitons un maximum d'AG, de prise de paroles dans les entreprises. Rendons publiques des prise de positions de syndicats, de syndicalistes qui vont dans ce sens . Et adressons les aux directions syndicales...
Chez les employés de l'automobile et les équipementiers, Il faut proposer une manifestation nationale contre les licenciements.
Bien sûr ce bilan et ces perspectives doivent être complétées et affinées. Par exemple Il est apparu dans certains secteurs chez les fonctionnaires qu'il était trop difficile de faire une journée de grève et donc que les manifs étaient plus visibles ' avec 1h de débrayage)...cela pose un problème pour un mouvement prolongé
Yves Juin Rennes le 30 janvier midi
ecrit avant les décisions de l'ag de Rennes 2