Plusieurs milliers de personnes (plus de 3 000, jusqu'à 5000 assurent les organisarteurs), riverains et écologistes, se sont rassemblées à Hillion, dans les Côtes-d'Armor, afin d'exprimer leur ras-le-bol des algues vertes.
Plusieurs associations, le collectif Urgence marées vertes en tête, avaient appelé à ce rassemblement sur une des communes bretonnes les plus touchées par le fléau.
"Un moment historique, mémorable", assure Michel Guillemot, président d'Eaux et Rivières en Bretagne. La manifestation a démarré vers 15 h 30, dans un champ bordant la plage. Les manifestants avaient prévu d'y former une farandole.
Contre les aglues, pas contre les agriculteurs
Pour René Ropars, maire de Saint-Michel-en-Grève, une des communes particulièrement touchées:
"Nous sommes au fond du trou. Il va falloir en sortir, quitte à enrhumer certains".
Yvette Doré, la maire d'Hillion assure pourtant:
"Nous sommes contre les algues vertes, pas contre les agriculteurs." Triste constat: Ici, 14 000 tonnes d'algues vertes ont été ramassées l'an dernier, 20 000 tonnes cette année. Elle en appelle à l'Etat pour que les aides récemment accordées soient pérennisées.
L'élue a indiqué que des algues vertes étaient encore présentes sur la plage La Granville à Hillion, où se tient la manifestation, il y a une quinzaine de jours. Les algues ont été déplacées par les vents un peu plus loin, laissant la possibilité aux manifestants de se rendre sur la plage sans danger.
Toxicité mieux reconnueLongtemps contestée, la toxicité des algues a été officiellement reconnue cet été après la mort d'un cheval, intoxiqué fin juillet à Saint-Michel-en-Grève par les émanations d'hydrogène sulfuré (H2S) s'échappant des ulves (algues) en décomposition.
La bête a succombé en quelques minutes alors que son cavalier, victime d'un malaise, a pu être sauvé in extremis par un témoin.
La mort suspecte d'un salarié qui transportait des algues vertes, toujours dans les Côtes-d'Armor, a ensuite relancé le débat. Saisi début septembre sur ce décès, le procureur de Saint-Brieuc attend les résultats d'analyse.
Alors qu'un comité interministériel a commencé à plancher sur un plan d'action, le débat porte sur le moyen de lutter contre la prolifération des algues, présentes à l'état naturel mais en quantité limitée. Pour les écologistes, les rejets de l'agriculture intensive et des porcheries industrielles sont les premiers responsables