D'un côté, la pauvreté de certaines juridictions
françaises. Des tribunaux qui ferment ;
des armoires cassées qu'il faut des mois
pour remplacer ; des postes non pourvus...
Tout cela, faute de moyens. En face,
ou plutôt en haut, une ministre de la Justice
qui mène grand train, se plaisant à poser à la une des magazines, à enchaîner les voyages à l'étranger (Chine, Maroc, Royaume-Uni...)
ou à multiplier les réceptions fastueuses
au ministère.
Près d'un an après son accession à l'un
des postes ministériels les plus convoités
du monde politique, une question est directement posée à Rachida Dati : dépense-t-elle sans compter dans le cadre de ses fonctions ?
Le contrôleur financier de la Chancellerie,
Maurice Bestoso, s'en inquiète, allant,
à certains moments, jusqu'à refuser de viser
certains frais. Chargé de veiller à la conformité
des dépenses du ministère, ce fonctionnaire
placé sous l'autorité du ministre du Budget a
récemment rappelé à l'ordre la garde des Sceaux concernant les dépenses qu'elle a engagées ces derniers temps.
Ses remontrances, selon nos informations, ont
d'ailleurs obligé, début mars, certains membres
de son cabinet à appeler la ministre à un peu de modération afin de mettre en adéquation le discours les caisses de l'Etat sont «vides»,
d'après Nicolas Sarkozy et la pratique.
«Toutes les dépenses ont été payées donc
validées», explique à Mediapart le porte-parole
du ministère, Guillaume Didier. Qui ajoute :
«Après, c'est très classique qu'il y ait des échanges entre le contrôleur et l'administration qu'il contrôle.» Des «échanges» : la formule
est diplomatique. Y en a-t-il eu ces derniers temps ? Réponse de M. Didier: «Cela a dû arriver, oui.»
