Gilles Mathel, directeur du travail et de l'emploi : « Un salarié qui se forme, c'est un salarié qui sera mieux armé pour la suite : soit dans sa propre entreprise, soit s'il doit rechercher un nouvel emploi. » Le nombre de chômeurs continue d'augmenter en Ille-et-Vilaine. Fin février, ceux-ci étaient exactement 30 000 : soit 2 400 demandeurs d'emploi (catégorie 1) de plus que fin décembre et 5 850 de plus qu'en février 2008. Ce qui représente une hausse de 27,7 % en un an. Au cours de l'année écoulée, le chômage des moins de 25 ans a fortement progressé (+28 %). Le nombre de chômeurs de longue durée a également augmenté sensiblement : 6 000 personnes, en Ille-et-Vilaine, sont sans emploi depuis au moins un an.
Le chômage partiel explose
Le nombre d'entreprises à avoir recours au chômage partiel ne cesse d'augmenter. Depuis le début de l'année 2009, 20 040 salariés se sont retrouvés au chômage partiel. En moyenne, ce n'est pas tellement plus qu'en 2008. Ce qui a surtout augmenté, c'est le nombre de jours chômés par salarié.
Au total, pour le seul premier trimestre 2009, les entreprises ont eu recours à 127 000 jours de chômage partiel (contre 200 000 pour l'ensemble de l'année 2008). Pour l'État, l'indemnisation du chômage partiel pour le seul trimestre 2009 représente un coût qui avoisine les quatre millions d'euros. C'est déjà plus que pour l'ensemble de l'année 2008.
Les intérimaires trinquent
Gilles Mathel, le directeur départemental du travail, le rappelle : « C'est la première fois que je vis une crise si violente. En quelques mois, il y a eu un renversement total de tendance. Il y a huit mois encore, on cherchait de la main-d'oeuvre. Or, lorsqu'il y a un tel coup de Trafalgar, c'est d'abord l'emploi intérimaire qui en fait les frais. » En un an, le nombre d'intérimaires, en Ille-et-Vilaine, a ainsi chuté de 17 %. Autrement dit, ce sont les salariés en situation la plus fragile qui, en premier lieu, sont victimes de la crise.
En profiter pour se former
À la préfecture, trois groupes de travail se sont constitués afin de trouver des solutions alternatives à la crise. Par exemple : comment mettre à profit ces nombreuses périodes de chômage partiel ? L'une des solutions avancées est d'envoyer les salariés dans des formations de courte durée : habilitation électrique, brevet de secourisme, remise à niveau général... Seulement, organiser de telles formations demande un peu de temps. Mais là encore, l'État rappelle que des aides sont possibles par le biais de plusieurs fonds ou organismes.
Des secteurs recrutent encore
Cette année, en Bretagne, les métiers de la logistique (transports et stockage des marchandises) pourraient recruter jusqu'à mille personnes.
D'autres secteurs embauchent également mais dans des proportions difficilement quantifiables : l'agriculture, la restauration collective, les métiers de la santé et « même le bâtiment : notamment dans les domaines de la rénovation historique et de l'éco-construction », assure Gilles Mathel.