Déclaration de la Gauche anticapitaliste
Courant unitaire pour l'écosocialisme
Adoptée à l’unanimité des délégué-es réuni-es, à l’initiative du courant B du NPA,
les 5 et 6 novembre 2011 à la bourse du travail de Saint Denis (93)
Rassembler contre les crises,
pour l’alternative
écosocialiste
Le capitalisme connaît une série de crises qui se nourrissent les unes les autres : crise économique et
financière, crise sociale, crise climatique, crise alimentaire. La crise de la dette accélère la
paupérisation des peuples au Sud et aussi au Nord ainsi que la destruction des droits sociaux et
démocratiques.
Le début de l’année 2011 aura vu des révolutions, au Maghreb et au Machrek, faire chuter plusieurs
dictatures vieilles de 30 ans. Mais, même si elles font plier les gouvernements, elles souffrent d'une
absence d'alternative politique véritablement de gauche. Par ailleurs, sans préjuger de leur issue, des
mouvements d'un type nouveau, « les indignés », se lèvent dans des dizaines de pays en
contestation globale du capitalisme.
D’Athènes à New-York, de Madrid à Santiago, des mobilisations sociales massives, inédites, se
multiplient. Elles sont la manifestation du profond discrédit des politiques libérales et des
alternances sans changement. Les inégalités, la marchandisation généralisée, la destruction des
écosystèmes par des activités économiques, le productivisme et le consumérisme sont remis en
cause. La recherche de la satisfaction des intérêts privés au détriment des biens et des services
communs, l’utilisation systématique de la violence par les grandes puissances, la négation des droits
élémentaires des peuples, à commencer par celui des Palestiniens, sont rejetés.
Les rapports de domination et les oppressions se traduisent notamment par des violences physiques
et morales envers les femmes, les gays, les lesbiennes, les trans. Le racisme est utilisé par les
classes dominantes pour diviser les opprimé-es et les exploité-es à l'heure d'un approfondissement
des crises. Ils doivent être combattus.
En Europe, les choix économiques des partis sociaux-démocrates ne se différencient plus de ceux
des gouvernements de droite. Au nom du remboursement de la dette publique, en Grèce ou en
Espagne, ce sont des partis socialistes qui mettent en oeuvre des plans d’austérité d’une violence
inouïe. Les partis de droite n’hésitent plus à s’allier avec la droite extrême qui progresse dans de
nombreux pays.
En France, après l'échec du mouvement contre la casse des retraites, le rejet de Sarkozy profite au
Parti Socialiste qui pourtant ne propose pas de rupture avec la politique économique de la droite. Il
se soumet aux diktats des marchés financiers et au paiement de la dette illégitime.
Le Front national représente plus que jamais une menace. S’affichant toujours comme
« antisystème », il se pare aujourd’hui d’un discours « social », et il entend bénéficier d’un climat
où se combinent affaires politico-financières et angoisses face aux effets de la mondialisation et de
la crise...
La situation nécessite l’unité dans les luttes mais aussi sur le terrain politique. Aujourd’hui
l’orientation menée par l’actuelle majorité du NPA tourne le dos à toute bataille pour rassembler les
différentes composantes politiques et équipes militantes du mouvement social qui, à gauche,
contestent le social-libéralisme.
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Comme il est dit dans les principes fondateurs du NPA, nous voulons participer à la construction
d’une gauche anticapitaliste large et pluraliste, écologiste, féministe, antiraciste et internationaliste,
une gauche anticapitaliste capable de faire « vivre le meilleur de l'héritage des traditions socialistes,
communistes, libertaires, révolutionnaires » et rassembler celles et ceux qui, nombreux « dans et
autour des partis de la gauche institutionnelle, n'ont pas renoncé à changer radicalement la société ».
Dans l’immédiat :
Nous nous battons pour que se regroupe un bloc défendant une solution radicale contre la crise, les
politiques d'austérité menées par la droite ou par la gauche libérale. Il faut que s'unifient dans un tel
regroupement les forces de l'indignation, celles de la contestation sociale et écologique, celles du
mouvement syndical et associatif, les mouvements politiques anticapitalistes, antilibéraux ou
écologistes radicaux, comme les composantes du Front de gauche, les Alternatifs, les objecteurs de
croissance, la FASE... C'est vital pour disposer du meilleur rapport de force face à l'extrême droite,
face à la droite mais aussi face au social-libéralisme.
Nous voulons battre la droite dans la rue et dans les urnes. Dans le cas de la mise en place d'un
gouvernement social libéral tel que le gouvernement Hollande, le bloc anticrise prendra la forme
d'un bloc rassemblant les forces sociales et politiques d’opposition de gauche.
Ce rassemblement doit se faire autour d’un programme de mesures d’urgence qui réponde aux
aspirations du plus grand nombre, en lien avec les revendications portées par le mouvement social.
Des mesures qui engagent une rupture avec le capitalisme et avec le productivisme, permettant de
planifier la transition énergétique pour sortir du nucléaire et des énergies fossiles, la rupture avec les
institutions antidémocratiques de la Vème République et le Traité de Lisbonne afin que les peuples de
toute l'Europe prennent en main leur avenir pour construire l'Europe sociale et écologique.
Ce rassemblement doit agir pour une mobilisation massive des salarié-es, des jeunes, des chômeurs,
des précaires, des habitant-es des quartiers populaires, des retraité-es, mobilisation indispensable
dans les villes et les campagnes pour imposer ces mesures d’urgence.
Ce rassemblement doit se baser sur des objectifs communs pour les campagnes et les mobilisations,
en particulier contre le paiement de la dette publique illégitime.
Ce rassemblement doit être en capacité d’apparaître sur le terrain électoral, notamment pour les
législatives, de porter une alternative politique crédible refusant la participation à un gouvernement
et à une majorité parlementaire PS.
Nous en appelons aux militantes et aux militants du NPA pour oeuvrer à une réorientation du NPA
sur ces bases.
Militant-es du NPA ou l'ayant quitté, cette politique, nous la proposons à tous les anticapitalistes.
C’est à cette perspective que notre courant public oeuvrera, dans le débat et dans l’action avec les
forces à la gauche du parti socialiste et les acteurs, les actrices du mouvement social.
Saint-Denis, le 6 novembre 2011.
Pour nous contacter : contact.gauche.anticapitaliste@gmail.com