Des forestiers en colère plantent des arbres en carton devant la Tour Eiffel
20.12.2008
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Par marcelhic
Des forestiers en colère plantent des arbres en carton devant la Tour Eiffel
PARIS (AFP) Des agents de l'Office national des forêts (ONF) se sont
réunis jeudi au pied de la Tour Eiffel où ils ont planté des arbres en
carton avant de défiler à l'appel de cinq syndicats contre un plan de
restructuration.
Environ 2.500 agents, selon les syndicats,
1.400 selon la police, vêtus de vestes kaki siglées ONF se sont
rassemblés dans la matinée sur le Champ de Mars, devant la Tour Eiffel,
munis d'arbres en carton, en papier, en contre-plaqué aux formes
variées.
Après les avoir plantés, ils les ont symboliquement
abattus avec des haches en carton, représentant ainsi la "casse du
service public de la forêt", a déclaré à l'AFP Philippe Berger, du
Snupfen-Solidaires, premier syndicat, à l'origine de cette journée
d'action nationale avec la CGT, l'Unsa, FO et le SNTF.
Ils
dénoncent un plan de restructuration, qui doit être validé par un
conseil d'administration lundi, prévoyant selon eux de "donner la
priorité aux activités rentables", de délocaliser le siège de Paris à
Compiègne (Oise), de supprimer des emplois et de fermer plusieurs sites.
"Avec
la baisse des effectifs, les agents sont de moins en moins capables
d'assurer la gestion et la protection de la forêt laissée aux appétits
financiers", a déploré M. Berger, selon lequel un tiers des emplois ont
déjà été supprimés en vingt ans.
L'ONF emploie 6.800 fonctionnaires (et contractuels assimilés) et 3.200 ouvriers forestiers.
"Nous
voulons imposer une certain conception du métier de forestier, guidée
par l'intérêt général. On nous laisse encore nous occuper de
biodiversité, mais à condition que ça ne coûte pas trop cher", a
regretté Pascal Leclercq, de la CGT-Forêt (2e syndicat).
Munis
de pancartes "La forêt en danger" ou encore "Etre garde-forestier, un
rêve de gosse qui risque de se transformer en cauchemar", les agents,
venus de toute la France, ont ensuite défilé vers l'Assemblée nationale.
Dans
le cortège, Nathalie, 40 ans, venue du Puy-de-Dôme, a déploré que "le
volet environnemental ne pèse plus rien à l'ONF": "on nous demande
toujours plus de prélèvements, un résineux récolté à 100 ans, doit
maintenant l'être à 50".
Eric, 48 ans, garde forestier depuis 22
ans, chargé de la surveillance et de l'exploitation du patrimoine
forestier a expliqué que les surfaces à surveiller étaient "de plus en
plus importantes", passant parfois "de 700 à plus de 2.000 hectares".
Une délégation a été reçue au ministère de l'Agriculture.
Les
syndicats ont multiplié les actions depuis l'annonce du plan en
septembre, empêchant des ventes de bois à Cerilly (Allier) le 14
octobre, à Labouheyre (Landes) le 21 octobre et à Rouffack (Haut-Rhin)
le 6 novembre.