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Ce qu'ils veulent, c'est la mort de France 3

Ce qu'ils veulent, c'est la mort de France 3"
france 3 ouest rennes Jean-François Téaldi
Ce vendredi après-midi, une assemblée générale des salariés de France 3 Ouest s'est tenue autour de Jean-François Téaldi, représentant de l'intersyndicale de l'audiovisuel public. En effet avec la remise en cause de la publicité sur les chaînes publiques, l'avenir de France 3 s'assombrit. En région, on risque aussi de payer les frais de ces décisions politiques.
 

 

 

14h30, au siège de France 3 Ouest, l'ambiance est pesante. Le hall de France 3 Ouest, avenue Janvier, s'est transformé en un lieu privilégié pour une assemblée générale. Regroupés autour du journaliste Jean-François Téaldi, délégué CGT et représentant de l'intersyndicale de l'audiovisuel public, monteurs, techniciens, journalistes... écoutent attentivement.  

 

En ce début d'après-midi, le syndicaliste est descendu dans les locaux de France 3 Ouest pour une raison précise : mobiliser les troupes. En effet, une manifestation est programmée le 18 à Paris pour "sauver le service public audiovisuel". Une date qui n'a rien d'innocente. La semaine suivante, Jean-François Copé remettra le rapport que Nicolas Sarkozy lui a commandé sur la disparition de la publicité sur les chaînes publiques.


 

 

France 3 sans pub et sans sous


 

 

« Supprimer la pub, c'est sûr, c'est super pour le téléspectateur. Le problème, c'est qu'il n'y a pas d'alternative de co-financement. Il nous reste quoi ? La pub sur le net ? Il y a deux mesures que nous proposent Copé. Tout d'abord, une taxe sur les fournisseurs d'accès Internet et ensuite une taxe sur la pub des chaînes privées... » Déjà sceptique sur le fait que la commission européenne valide ces taxes-ci, le syndicaliste sort sa calculette. « La disparition de la pub, ça nous fait un manque à gagner d'1,2 milliards d'euros. Ces taxes là, rapporteront respectivement 221 et 33 millions d'euros à la chaîne... »


 

« On prévoit 1000 licenciements »

 

 

« On nous dit que l'on va régionaliser ! Mais comment on régionalise ? Fini le national ! On casse notre colonne vertébrale, notre identité. Il n'y aura plus que quatre à cinq heures de programmes nationaux. », ressort Jean-François Téaldi. 

Le journaliste prédit déjà la privatisation de France 2 et la suppression du 19-20... Mais le problème ne se joue pas que dans les bureaux à Paris. « On va passer de treize à sept régions. Bizarrement, on passerait à sept régions comme les sept grands groupes de la presse quotidienne régionale ! Juste avant, on nous demandait davantage de partenariat avec eux. Ce n'est quand même pas un hasard ! ».

La cinquantaine de salariés de France 3 réfléchit : « Ca voudrait dire qu'on ferait une édition englobant la Normandie ? » « Ici, attendez-vous à voir Ouest-France dans France 3 ! »


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 « Si l'on a moins de journaux, moins de financement, on aura moins de postes. »


 

 

« Rappelez-vous en 93-94, on était dans la même situation. L'année suivante, on avait 400 licenciements. Aujourd'hui, dans les conditions actuelles, on prévoit 1000 suppressions de postes ! Environ 600 départs volontaires et 400 licenciements secs», prédit l'intersyndicale.

L'explication ne tarde pas : « Quand on a des problèmes, où est-ce qu'on tape ? Dans la masse salariale et on met en place un plan de restructuration. Si l'on a moins de journaux, moins de financement, on aura moins de postes... »

Lorsque ce sont près d'un millier de postes qui sont prêts à être passés à la trappe, difficile de croire que les régions comme la Bretagne ne soient pas touchées. « On a des équipes lourdes. On va à deux ou trois sur le terrain quand d'autres le font seul. A France 3 Ouest, 60% des dépenses passent dans la masse salariale. On nous dit qu'il faut trouver un équilibre, tendre vers une nouvelle génération de journalistes". Bref, moins de journalistes sur le terrain et des reconversions en cascades.

 

 

France 3, bientôt à la botte de l'Etat ?


 
 

Les syndicats de journalistes soulèvent le problème de l'indépendance, qui risque d'être remise en question. « On va être soumis à l'Etat. Les taxes qui vont être prélevées pour faire vivre le service public, la redistribution, se feront à leur bon vouloir ».

Un autre sujet est pointé : celui de la constitution du Conseil d'administration de France Télévision. « Dans le Conseil d'administration, sur les douze représentants, huit seront issus du marché privé ! Un neuvième sera une personne issue de la direction du développement des médias, qui est à la botte du premier ministre. Pire, cette personne aura même un droit de veto ! »

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Jean-François Téaldi conclut froidement : « Ce qu'ils veulent c'est la mort de France 3, ne vous laissez pas avoir ! ». A France 3 Ouest, on essaye de mobiliser le maximum des 150 salariés pour aller fouler le pavé de la capitale le 18. Ultime tentative pour changer les lignes du projet qui peuvent encore être changeables...

Benjamin KELTZ Rennesinphonet
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